Le 29 mars dernier, la Commission européenne a rendu son jugement : la Ville d’Orléans et le Conseil général du Loiret ne récupèreront pas les aides (80 millions de francs) accordées.

Conseiller municipal communiste d’Orléans à l’époque, je me souviens très bien de la présentation du dossier “Scott Paper”  par Monsieur Jacques Douffiagues, alors Maire d’Orléans, qui “allait favoriser le développement harmonieux du Loiret et de l’agglomération orléanaise et créer 1500 à 2000 emplois à moyen terme”. C’était le samedi 12 septembre 1987. Ce jour-là, il ne faisait pas bon exprimer des réserves sur ce projet qui était accompagné d’une aide de 80 millions de francs de fonds publics versés par la Ville d’Orléans et le Conseil Général. Sous les huées et les quolibets, j’avais déclaré, tout d’abord, que les 1500 empois annoncés à moyen terme étaient à mettre en rapport avec les 2500 emplois supprimés chez Saint Gobain, (maintenant Duralex), à la CEPEM, Michelin, Hutchinson, Satmam, cette liste n’étant pas exhaustive, qu’il était inadmissible d’accorder des fonds publics à une grande entreprise américaine qui réalisait d’énormes profits, et qu’enfin, il fallait au moins une clause de remboursement en cas de non –respect des engagements pris sur l’emploi  !!!! Les deux élus communistes s’étaient abstenus, alors que tous les autres (Droite et PS) votaient cette délibération.

Une fois encore, à la lumière de la situation actuelle, nous avions eu raison de réagir de la sorte. De 1500 emplois annoncés, et après plusieurs rachats (Scott Paper, Kimberly Clark, puis Procter et Gamble), on en est modestement à 200 environ. Quant aux 80 millions de francs, suite à la plainte d’un industriel concurrent, en 1996, la Commission européenne vient de rendre son jugement : les deux collectivités locales, la Ville d’Orléans et le Conseil général, ne récupèreront pas les aides versées. Il est vrai qu’elles n’avaient rien demandé. C’est seulement la Commission européenne qui les y a contraintes. Mais il est vrai que quand on aime les grands patrons, on ne compte pas….surtout quand ce sont les contribuables (3200  francs par contribuable en 10 ans, de 1987 à 1997) qui paient !

 

Découvrez un article de Jacques Moran paru dans l’Humanité sur ce thème : http://www.humanite.fr/journal/2007-04-25/2007-04-25-850215