Les tarifs appliqués par EDF entre août 2012 et août 2013 ont été annulés par le Conseil d’Etat, jugeant que la hausse de 2% décidée il y a deux ans par le gouvernement Ayrault était insuffisante. Pourtant, à examiner les résultats financiers publics de l’entreprise, on ne comprend pas bien pourquoi.

Le chiffre d’affaire réalisé par EDF en France ne représente plus que 55% du total, le groupe s’étant établi au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis notamment. En revanche, la France génère l’essentiel des profits : 67% de l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) et 72% du résultat d’exploitation. 

Du coup, on se demande bien pourquoi EDF a besoin d’augmenter ses tarifs en France, alors son activité y est bien plus rentable que la moyenne (près de deux fois plus qu’en Grande-Bretagne, 4 fois plus qu’en Italie en terme de résultat d’exploitation). 

La hausse des tarifs ne va permettre qu’une seule chose : augmenter les profits alors que cela n’est pas justifié. Les ménages vont payer pour gonfler les marges d’EDF et de ses actionnaires.

Le gouvernement Valls ne doit pas appliquer cette hausse rétroactive, sous peine de confirmer que son ennemi ce n’est plus la finance, mais le peuple et les plus pauvres en particulier ! De plus, EDF est à même de financer les investissements dans le nucléaire sans avoir besoin d’augmenter ses tarifs, d’autant plus que le groupe a dégagé 6 milliards de profits nets l’an dernier, ce qui garantit un matelas bien suffisant pour assurer ses besoins.

Bref, voici une entreprise très profitable (notamment en France), tout en étant capable d’investir 15% de son chiffre d’affaire qui ne semble en aucun cas avoir besoin d’augmenter ses tarifs, même pour financer le nucléaire. Cela rend les hausses de tarif accordées par le gouvernement injustifiées, voir même franchement abusives.

Les 500 plus fortunés de France se sont enrichis de 25% en un an. Il est facile de comprendre à qui profite tous les sacrifices imposés au peuple. Les grands patrons, les dirigeants, les puissants ne voient jamais leurs privilèges remis en question.

Ça suffit, ces injustices ne sont plus tolérables !
Ensemble, exigeons :
– La non application de la hausse rétroactive prévue.
– Le contrôle des prix de l’énergie en combattant la dérive libérale de la Commission de Bruxelles.
– L’interdiction de toute coupure d’énergie, garantissant l’accès indispensable à l’énergie pour toutes et tous.
– La création d’un service public de l’énergie.