L’extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, annoncée par François HOLLANDE, devant le Parlement réuni en Congrès le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats de Paris et de Saint Denis, provoque de nombreuses réactions. La raison et les valeurs républicaines semblaient l’avoir emporté. Il n’en est rien. Présentée par Manuel VALLS comme une décision à « caractère hautement symbolique », elle serait en effet une honte et un reniement pour notre République. Aujourd’hui, pour ce gouvernement, l’extension de la déchéance de nationalité est proposé « au nom de l’égalité » alors qu’elle aurait pour conséquence de créer deux catégories de Français.

D’aucune efficacité contre le terrorisme, la déchéance de nationalité est apparue au cours des dernières semaines comme une nouvelle légitimation du F.N puisqu’elle est directement tirée de son programme.

Où est donc le danger ? Dans un climat de peur, de haine et de stigmatisation, avec l’utilisation qui peut en être fait, plaçant le FN au cœur du paysage politique et idéologique, en quoi la déchéance de nationalité désarmera des terroristes dont l’objectif est de semer la mort en y perdant la vie ? En quoi, pour reprendre l’expression de Manuel VALLS, aura-t-elle la moindre « efficacité pour protéger nos concitoyens » ?

Concernant l’état d’urgence, la réforme constitutionnelle présentée fait courir le risque d’un régime d’exception permanent et d’une aggravation des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines ciblant des personnes sans aucun lien à des risques d’attentats. Elle est une mauvaise réponse aux terroristes alors qu’il est parfaitement possible, en y consacrant les moyens humains nécessaires pour la Police et la Justice, d’assurer la sécurité dans le respect de notre Etat de droit.

Où est donc le danger ? Quand notre République doute de ses valeurs, de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, elle fait le jeu des terroristes car il s’agit de leur objectif premier.

Je suis celles et ceux qui ne veulent pas de cette société. Dans les prochaines semaines, le débat dans le pays et au Parlement devra défendre l’essentiel, ce qui est attaqué par DAESH ; la République, notre Démocratie et nos libertés.