Hier, le journal L'Humanité publiait une tribune libre que j'ai écrite, ma contribution à la préparation du 34ème congrès du PCF.

Article paru le mercredi 3 décembre 2008.
Tribune libre dans l'Humanité
Une présence régulière sur le terrain
Par Michel Ricoud, militant communiste et associatif, conseiller général de La Source (Loiret).
Je souhaite expliquer comment, à La Source, quartier d’Orléans avec plus de 20 000 habitants qui représente la seconde ville du Loiret, nous développons ce que j’appellerai une activité communiste de proximité, d’écoute, d’échanges, d’interventions et d’actions.
De mon point de vue, un militant communiste doit, avant tout, donner la priorité à une présence régulière sur le terrain, à l’écoute des habitants, pour échanger, défendre, agir, être impliqué complètement dans la vie du quartier.
C’est ce que je fais avec d’autres militants communistes de La Source, en étant présent, depuis près de quarante ans (j’en ai soixante) chaque samedi matin au très populaire et coloré marché de La Source et chaque dimanche matin au principal centre commercial du quartier, la Bolière, autour des points de rencontre de l’Humanité Dimanche et de la diffusion de tracts du Parti communiste liés à la situation politique du moment. Par exemple, en ce moment, sur la crise financière et nos propositions.
Ces points de rencontre sont des lieux d’échanges réguliers et d’écoute avec les habitants. Ce sont aussi, et je dirais surtout, des lieux où les personnes en difficulté viennent me voir pour une aide, une intervention, une lettre, un appui. Les habitants de La Source savent que les communistes sont là toute l’année et que l’on peut compter sur eux pour les défendre, que nous, nous ne faisons pas que parler et promettre mais que nous intervenons, les accompagnons (lettres au préfet, au maire, aux Assedic, à l’ANPE, aux bailleurs sociaux, aux services sociaux, et même aux ministres). Au fil du temps, ces points de rencontre, avec des réunions « de bas d’immeuble » et mes permanences en tant qu’élu des locataires, administrateur de l’OPAC d’Orléans, chaque semaine font que des milliers d’habitants nous connaissent et savent qu’ils peuvent compter sur nous. Bien évidemment, ces discussions et ces interventions sont étroitement connectées à la politique nationale de la droite et aux propositions du PCF. Pour moi, cette façon de faire est le passage obligé pour que les citoyens des quartiers populaires reprennent goût à l’activité politique et confiance envers PCF. Si on ne fait pas cela, nous n’avancerons pas. Également, il faut que nous nous tournions vers ces jeunes issus de l’immigration qui ont des idées, des propositions et qui sont l’avenir de nos quartiers populaires.
Au fil du temps, ces points de rencontre sont devenus incontournables. Attroupement de plusieurs habitants qui nous sollicitent, nous interpellent, nous demandent notre opinion, n’est-ce pas aussi cela faire de la politique autrement, n’est-ce pas cela être avec les gens et leur être utile ? Ces dernières années, deux importantes actions ont été menées. L’une contre la démolition de cent dix-huit logements en parfait état, dans le cadre du grand projet de ville. Nous avons réussi à imposer un référendum et les locataires se sont prononcés pour le maintien des logements. Et la seconde contre le licenciement d’une caissière de Champion qui faisait crédit aux érémistes. Dans ces deux combats, les communistes ont été les moteurs des actions, en rassemblant largement les habitants. En lien avec le mouvement social (sans-papiers, droit au logement, etc.), les élus doivent rester des militants. Ils doivent rester les pieds sur terre, rendre des comptes, faire connaître leurs interventions.
À La Source et à Orléans, le PCF est dans « le film ». Il n’est pas dépassé, ni ringard. Il est bien en phase avec le vécu des habitants. D’ailleurs, les médias locaux (la République du Centre, France 3 Centre, France Bleu, etc.) ne nous boudent pas. Le travail que nous faisons à La Source depuis des dizaines d’années a fini par payer. À Orléans, il a commencé à payer. Et ce que nous faisons, il est possible de le réaliser partout ailleurs.