Retour à l'Accueil du Blog de Michel Ricoud  

dimanche 27 décembre 2009

RSA : courrier envoyé à Martin Hirsch

Voici une copie du courrier envoyé la semaine dernière à Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté sur les conséquences du RSA.

Monsieur le Haut Commissaire,

Les conseillers généraux communistes du Loiret, lors du débat sur la mise en place du RSA, en  juin 2009 au Conseil général du Loiret, avaient posé plusieurs questions que je vous résume.

Sous l'apparence d'un complément de ressources pour quelques uns, ce nouveau dispositif  n'a –t-il pas pour  objectif d'accélérer la déréglementation du travail, la précarité et la corvéabilité des travailleurs? Le patronat ne pourra -t-il pas ainsi utiliser ce "nouvel outil"comme un moyen de pression pour tirer les salaires vers le bas, poursuivre l'attaque contre le SMIC, développer en l'imposant le travail à temps partiel qui sera tout bénéfice pour les employeurs?

Certaines personnes vont certainement gagner quelques centaines d'euros en plus, ce qui n'est pas à rejeter dans le contexte actuel. Il n'en reste pas moins que ce projet comprend des effets pervers que nous constatons quelques mois après sa mise en place du RSA , en particulier au sujet de l'APL qui diminue, de la CMU qui disparaît. Sans oublier le règlement de la taxe d'habitation et de la redevance audiovisuelle pour des familles qui en étaient exonérées lorsqu'elles percevaient  le RMI. En fait, des familles percevant le RSA "chapeau" (qui retravaillent quelques heures par jour) se retrouvent donc pénalisées, perdant plus qu'elles ne gagnent.
En conséquence, je souhaite que ces effets pervers soient corrigés et que des dispositions  soient prises afin que certains allocataires du RSA ne soient pas pénalisés.

Je vous en remercie par avance, et vous prie de croire, Monsieur le Haut Commissaire, à l'expression de mes respectueuses salutations.

jeudi 18 juin 2009

Le RSA : ou comment légaliser le statut "de travailleur pauvre"

Sous l'apparence d'un complément de ressources pour quelques uns, ce nouveau dispositif concocté par le Gouvernement, à la demande du MEDEF, et porté par Martin HIRSCH, a un tout autre objectif: il accélère la déréglementation du travail, la précarité et la corvéabilité des travailleurs. Le patronat pourra ainsi utiliser ce "nouvel outil"comme un moyen de pression pour tirer les salaires vers le bas, poursuivre l'attaque contre le SMIC, développer en l'imposant le travail à temps partiel qui sera tout bénéfice pour les employeurs.

Comme nous l'avons déclaré lors de la récente session du Conseil général des 9 et 10 juin derniers" Pour qu'il n' y ait plus de travailleurs pauvres, il faut augmenter les salaires. Et les moyens existent pour cela: les profits des grosses entreprises, les parachutes dorés, les stocks option, etc.."

Qu'en est-il réellement du dispositif RSA ? D'un côté, il y aura les personnes dites "employables" orientées vers Pôle Emploi, dans une période où les débouchés sont inexistants, surtout pour les personnes qui n'ont pas ou peu de qualification et de formation. De l'autre, les personnes dites "inemployables" qui devront se retourner vers les services sociaux du Conseil général et des CCAS des communes chargés de les accompagner vers des actions d'insertion sociale.

Par ailleurs, les budgets des collectivités étant déjà étranglés par les précédents transferts de charges non compensés, le financement du RSA posera, à moyen terme, de sérieux problèmes au Conseil général du Loiret. Et quand les élus communistes évoquent l'abrogation du bouclier fiscal pour financer le RSA, la droite hurle au scandale.

Certaines personnes vont certainement gagner quelques centaines d'euros en plus, ce qui n'est pas à rejeter dans le contexte actuel. Il n'en reste pas moins que ce projet est dangereux.

Les trois conseillers généraux communistes n'ont  pas approuvé ce projet. Ils se sont abstenus. Ils étaient les seuls à agir de la sorte.